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Film DovlatovSorti en France le 12 septembre 2018, Dovlatov est le nouveau film d’Alexey Guerman Jr., réalisateur récompensé par un Ours d’argent pour Under Electric Clouds et un Lion d’argent pour Soldat de papier. Pour la première fois, il pose sa caméra dans sa ville natale, le Leningrad des années 70 (aujourd’hui St Petersbourg) pour nous dépeindre la vie des jeunes écrivains soviétiques Sergueï Dovlatov et Joseph Brodsky, ainsi que celle d’autres artistes opprimés de cette époque.

 


SYNOPSIS (site Allocine) :

U.R.S.S., 1971.
Six jours dans la vie de l’auteur Sergei Dovlatov, alors journaliste pour des magazines au service de la propagande du régime - mais qui rêve avant tout d’écrire un grand livre.
Six jours dans l’intimité d’un artiste brillant et caustique, qui se bat pour continuer à écrire avec intégrité malgré les persécutions d’une écrasante machine politique.
Six jours qui façonnent le destin d’un des plus grands écrivains russes du XXème siècle, qui fut capable de penser au-delà des limites imposées par le régime soviétique.

 

Critique de Michaël Platin dans “Première” :

Le cinéma littéraire, cet épouvantail décati contre lequel nous n’avons généralement plus besoin de lutter, a trouvé un allié de poids en la personne d’Alexey Guerman Jr. La particularité du réalisateur, outre son identité slave portée en étendard et sa prestigieuse ascendance (comme son nom l’indique, c’est le fils de son père), est de concevoir des plans-séquences et des mouvements d’appareils ultrasophistiqués pour filmer des conversations, réglant comme au théâtre chaque entrée, sortie et interaction de ses personnages dans un cadre millimétré (appartement, bureau, parc public, etc.). Ce qui nous faisait dire, à la sortie de Soldat de papier en 2010, que « le vrai problème de ce réalisateur de 34 ans, c'est qu'il paraît en avoir 1000. » Huit ans plus tard, ce goût du dispositif est mieux assumé que jamais, en phase avec un sujet littéralement littéraire : six jours dans la vie de l’écrivain Sergueï Dovlatov, à une époque (le début des 70’s) où l’art (occidental notamment) était une denrée de contrebande et où l’avant-garde tentait de résister au contrôle de l’état soviétique. Complétant la mise en scène, la photographie sépia, les costumes gris-taupe, les extérieurs embrumés, les aphorismes (« Il faut du courage pour n’être personne, et rester soi-même ») et le manichéisme satisfait (artistes courageux, populace veule) forment un objet verrouillé, tout entier voué à l’idéalisation d’un passé non vécu, où l’auteur ne cesse de signer sa présence. Un idéal de cinéma littéraire comme plus personne n’ose en faire, et dont on doit bien reconnaître la virtuosité, à défaut d’y adhérer.

Bande annonce en VOST :

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