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Poutine de A à ZÉditions Stock. 2017

Quatrième de couverture :

Dictateur des temps modernes ou maître en realpolitik ?

De la crise syrienne au conflit ukrainien, en passant par l'élection de Donald Trump, Vladimir Poutine, le dirigeant le plus fascinant du début du XXIe siècle, bouscule le jeu des relations internationales. Comment comprendre sa longévité politique ? Et l'âme du peuple qui le plébiscite ? Révélations, coulisses du pouvoir, parcours de ses mentors et anecdotes intimes...

De cet abécédaire surgit le portrait multifacette de Poutine, chef d'État énigmatique et imprévisible.


RÉSUMÉ :

En 2014, Vladimir Fédorovski a publié Poutine, l'itinéraire secret, relatant les détails de l'ascension de l'actuel président russe (1952-2000). En même temps, il annonça la parution du deuxième volet de son enquête (2000-2017). Les derniers événements ont confirmé la pertinence d'une telle publication. La tension internationale, la crise ukrainienne, le retour à une nouvelle guerre froide, la crise syrienne et, dernièrement, l'élection de Donald Trump ont porté la personnalité de Poutine au pinacle.

Depuis son arrivée au pouvoir suprême, en 2000, son aura n'a cessé de croître, au point que ce qui passait pour une figure de style est devenu une réalité : Poutine le Tsar. Par-delà les appréciations et opinions, ce livre d'actualité propose de déchiffrer ce phénomène par le biais de multiples clefs. De l'ensemble surgit, tel un portrait à multiples facettes, le nouveau tsar de toutes les Russies.

Y sont analysées sa psychologie, sa carrière de leader politique, mais aussi la géographie et l'histoire de son pays. Poutine devient ainsi un reflet de la Russie elle-même, avec ses hantises, ses faiblesses, ses fantasmes et sa force. Mais c'est aussi un livre de révélations sur un personnage hors normes, sur son entourage, son système, sa vie personnelle, ses méthodes, sans parler de ses liens avec les oligarques et les services secrets.

Bousculant les idées reçues et l'esprit politiquement correct, Poutine de A à Z dessine le portait inattendu de l'homme fort de la Russie confronté au choc de l'élection de Donald Trump, déterminant pour l'avenir de notre planète.


BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR :

Vladimir Fédorovski, écrivain prolifique, est un ancien diplomate russe qui fut conseiller et parfois plume de Mikhaïl Gorbatchev. Il s'engagea fortement dans le Mouvement des Réformes Démocratiques dont il fut le porte-parole. Vivant en France depuis longtemps (il est naturalisé français en 1995), il parle parfaitement le français et il écrit directement ses livres dans notre langue. Traduits dans le monde entier, ses livres sont des best-sellers internationaux.


CRITIQUE :

La plupart des livres de Fédorovski sont courts et peuvent déstabiliser le lecteur par leurs allers et retours chronologiques. Celui-ci ne fait pas exception.
L'auteur n'étant pas, c'est peu de le dire, un thuriféraire de Poutine, je m'attendais à un portrait à charge ou du moins sans complaisance. C'était oublier l'objectivité de Fédorovski qui, par petites touches, brosse un portrait nuancé du Président russe.
Les passionnés du sujet n'y apprendront probablement pas davantage qu'ils n'auront trouvé dans d'autres ouvrages sur Poutine, dont certains sont déjà recensés sur ce site. Mais ceux qui ne veulent pas s'engager immédiatement dans un bouquin plus dense, trouveront dans "Poutine de A à Z" de quoi satisfaire leur curiosité et éveiller leur désir d'en savoir plus sur cet homme d'État destin très russe...
Comme dans ses autres livres, cet ouvrage fourmille d'anecdotes puisées aux sources même des hommes de pouvoir que l'auteur a longuement côtoyés.


CITATIONS :

"Élève brillant et solitaire, il ne ménage pas sa peine au travail, on ne le voit guère dans les soirées dansantes, ses rares loisirs demeurant consacrés au sport, ainsi qu’à l’étude de la langue allemande. Ceux qui l’ont connu à cette période témoignent d’un jeune homme réfléchi, extrêmement prudent et méticuleux, détestant le désordre, l’indiscipline, et se gardant de prendre des décisions hâtives. Fidélité et loyauté sont les deux mots qui reviennent le plus souvent pour caractériser sa personnalité."

"J’ai dîné à plusieurs reprises avec Vladimir Poutine, invité par Anatoli Sobtchak, le premier maire démocratiquement élu de Saint-Pétersbourg, pour qui il travaillait alors. La première fois, Sobtchak m’a averti : « Attention, ne t’y trompe pas, ce n’est pas un vulgaire agent du KGB. Je l’ai pris comme secrétaire pour vider mon antichambre de tous les corrompus qui s’y pressent. » (...) « Sobtchak me dit encore : « Tu verras, il n’est pas l’archétype du tchékiste, c’est un personnage à part, rien à voir avec la caricature de l’espion du KGB…  »."

"L’une des particularités intimes de Vladimir Poutine est de n’être pas homme à se laisser aller au simple bonheur d’être. Telle n’est pas sa nature. Mais c’est ainsi que l’on devient tsar."

"La méthode Andropov, (...) préfigure idéologiquement et organiquement Poutine : une efficacité ouvertement revendiquée par un homme pragmatique et ouvert qui n’hésite pas non plus à employer la force. On observe enfin chez Poutine l’application d’un principe faussement attribué au Hongrois János Kádár mais qui revient à Andropov : « Qui n’est pas notre ennemi est notre ami. »."

"Deux camps s’affrontent dans l’antichambre de Poutine : les faucons « impériaux » (type Dmitri Rogozine, vice-Premier ministre chargé du complexe militaro-industriel) partisans de la confrontation avec l’Occident, et les « libéraux patriotiques », qui prônent le compromis, parfois au détriment des intérêts nationaux, ne serait-ce (...) que parce qu’ils possèdent des avoirs et des intérêts financiers en Occident."

"Boris Nikolaïevitch [Eltsine] m’a confié qu’il n’avait eu d’autre choix que de conclure un pacte avec la nomenklatura, c’est-à-dire de l’acheter, pour l’empêcher de revenir au pouvoir. Je ne juge pas car, sachant que la corruption a tué la Russie, j’ignore s’il y avait une autre possibilité que d’entériner un tel accord et de garantir aux hommes d’affaires qu’ils deviendraient milliardaires. En fait, ce sont les anciens politiques, les hommes d’affaires et les anciens barons rouges qui s’emparèrent de biens et de concessions immenses pour des sommes symboliques. Du jour au lendemain, des apparatchiks, anciens ministres et hauts responsables du Parti, se déguisèrent en banquiers ou businessmen et devinrent de facto propriétaires de secteurs entiers de l’économie."

"Poutine va plus loin, estimant que cette sorte d’État dans l’État [le KGB et ses prédécésseurs] a tout fait en Russie – parfois même de façon transgressive. Ainsi de l’abolition du servage en 1861 comme des réformes du Premier ministre de Nicolas II Piotr Stolypine, en passant par la percée de Mikhaïl Gorbatchev, jusqu’à l’accession au pouvoir de l’actuel maître du Kremlin. Idéalisme, devoir patriotique et désintéressement, c’est ainsi que Nikolaï Patrouchev, qui succéda à Poutine à la tête du FSB de 1999 à 2001 et qui pilote actuellement le Conseil de sécurité de Russie, définit l’engagement de ceux qui œuvrent aujourd’hui sous ses ordres. « Les services sont devenus la nouvelle noblesse de la Russie », précise-t-il."

"Il [le parti Russie Unie] lui est impossible d’occuper l’espace laissé vacant par le parti communiste ni de rétablir l’unité brisée de l’élite dirigeante. C’est en cela que réside la véritable originalité de l’évolution politique de la Russie postcommuniste. La disparition du parti communiste a laissé derrière soi un paysage politique jonché de fragments d’un État extrêmement développé, mais sans aucun système permettant de maintenir une quelconque cohérence entre les dizaines de départements administratifs et d’organismes désormais éclatés, et dont les domaines se recoupent. Cette étrange situation n’a pas de précédent historique. La puissante bureaucratie soviétique n’a pas disparu : elle a survécu par bribes sous le contrôle affaibli du Kremlin, autrement dit sans véritable incitation à s’abstenir de toutes les formes anarchiques d’enrichissement personnel. La corruption à tous les échelons d’un État intérieurement morcelé est l’un des principaux obstacles à la consolidation politique dans la Russie postcommuniste. C’est en fait un obstacle presque insurmontable à une quelconque consolidation, que celle-ci soit autoritaire ou démocratique."

"En cette année 1992, période de transition des plus troublées, 80 % des Russes sont pro-américains. Aujourd’hui, dans les mêmes proportions, ils sont hostiles à l’Amérique. Ce revirement d’un peuple a été celui de Vladimir Poutine lui-même. Comment en est-on arrivé à un tel résultat ?"

"Septembre 2000 : il faut imaginer le jeune président Poutine tout juste élu arrivant, un bouquet de fleurs à la main, dans la maison familiale d’Alexandre Soljenitsyne à Troïtse-Lykovo, dans la banlieue de Moscou. Démarche pleine d’admiration à l’égard d’un esprit universel dont l’œuvre est symbole de courage, de morale, de science historique et de lucidité politique. (...)
« Romancier, prix Nobel de littérature 1970, nouvelliste, poète, dramaturge, essayiste, philosophe, rescapé du goulag et exilé célèbre, Soljenitsyne va dire ce jour-là du nouveau président : « Il a l’esprit vif, il comprend vite et n’a aucune soif personnelle de pouvoir », brevet de vertu s’il en est, de la part de celui qui a combattu, et avec quelle constance, le Moloch communiste."

"Leader du mouvement libéral d’opposition Solidarnost avec l’ancien champion d’échecs Garry Kasparov, les médias occidentaux ont fait de lui [Boris Nemtsov] une sorte d’étendard populaire anti-Poutine, d’où une focalisation de la suspicion sur le Kremlin, mais lorsqu’on sait que Nemtsov n’avait pas la cote auprès de l’opinion publique et que son mouvement ne remportait pas une adhésion dépassant les 4 %, les éventuels motifs d’un assassinat de la part de Vladimir Poutine deviennent plus que relatifs. (...)
L'un des aspects psychologiques qui n’a pas été relevé par les observateurs occidentaux est la proximité du lieu du drame avec le Kremlin. Elle signifiait pourtant de la part des criminels qu’ils pouvaient agir n’importe où, y compris sous les fenêtres du pouvoir, si bien que l’avertissement valait également pour Poutine."

"En 2013, des documents officiels publiés par Moscou et relayés par l’agence Ria Novosti font état d’un train de vie raisonnable : au titre de l’année 2012, ses indemnités en tant que président étaient de 5,8 millions de roubles, soit environ 187 000 dollars, son patrimoine se limitant à un petit terrain, un appartement, et trois voitures… (...)
Le mystère reste donc total sur la fortune de celui qui, à défaut d’être le plus riche (...) est considéré par le magazine américain Forbes comme l’homme le plus puissant au monde. Homme de pouvoir, donc, et non pas homme d’argent."

"C’est un mouvement viscéral, une approche quasi inscrite dans les gènes de nos peuples. La Russie et l’Europe ont des affinités civilisationnelles ancestrales qui triompheront de l’absence de vision du monde politique occidental qui, depuis la fin du communisme, pratique via les États-Unis une diplomatie proprement stupide. Je veux croire ici et maintenant qu’à l’incompétence des politiques se substituera l’esprit des peuples."

"En tout cas, le temps du mépris est révolu. La saga de Poutine fut de faire entrer à nouveau dans l’histoire son pays, qui en était sorti malgré lui. Le sous-titre de ce livre, s’il en avait fallu un, aurait été celui-ci : Poutine de A à Z, ou la renaissance de la Russie."

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