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Ciel mon moujikEt si vous parliez russe sans le savoir ?

Quatrième de couverture :

Vous pensiez que votre vocabulaire russe se limitait à " niet " et à " vodka " ? Ce lexique franco-russe vous prouvera le contraire ! La langue de Tolstoï regorge en effet de mots venus de celle de Molière. Après vingt ans passés à explorer la Russie, Sylvain Tesson nous propose un florilège aussi amusant qu'instructif. Il décortique ici l'origine de ces mots insolites qui ont traversé les frontières. Un " ôpouskoûle " indispensable !


Le mot de l'éditeur :

Sylvain Tesson a voyagé pendant vingt ans à pied, à cheval, en canot et en side-car aux quatre coins de la Russie. Il a vécu dans une cabane en pleine taïga et a connu l'hiver en Yakoutie. Amoureux des mots, ce slavophile a remarqué au cours de ses pérégrinations que le vocabulaire russe contenait des mots venus de la langue française. Il les a consignés un à un et nous en donne ici un florilège organisé en thématiques : la guerre, l'amour, les arts, la politique, les faux amis... Ce livre permettra au lecteur immobile de voyager autour de son samovar et au touriste de se tirer de toutes les situations, même les plus délicates, et si les hasards de la vie vous conduisent à survivre à un crash aérien quelque part dans la steppe, voici comment narrer votre déconvenue aux secouristes : " Pilôt niékompétentniy ! Mékhanik problèma ! Motor kapout ! Sabôtaj ! Déflagratsia ! Avariâ ! Apokalyps ! Katastrôf ! Kataklysm ! Kochmâr ! Aviatsionaïa kompania : Mafia ! " Etôniant, niet ?


CRITIQUE :

Cette réédition revue et augmentée n'est certainement pas le meilleur livre de Sylvain Tesson. Il est vrai qu'il ne s'agit ni d'un roman, ni d'un récit, ni d'un ouvrage de linguiste.
Prenons-le donc pour ce qu'il est : un opuscule sans prétention qui ressemble beaucoup à un petit carnet de notes que chacun d'entre nous pourrait alimenter au fur et à mesure d'un voyage.
Cela dit, on reconnaît immédiatement l'amour de l'auteur pour la Russie, les russes et leur langue, ainsi que son style mêlant humour, anecdotes, Histoire (avec un grand "H").
Un bon moment de détente et de plaisir !


CITATIONS :

"Ce livre, je le sentais, pouvait remplir une mission importante : faire reculer cet odieux pendant des individus de langue latine à s'adresser aux Slaves en anglais. Rien n'est plus incongru que l'usage de l'anglais au-delà du 13è degré de longitude est (le méridien de Berlin). Il y a une incompatibilité esthétique entre la langue de Shakespeare et les forêts de bouleaux. La musique des mots doit s'accorder à l'atmosphère et au génie des lieux." (page 15)

"Quand les "épisodes neigeux de la vague de froid" (jadis, en vieux français, on disait l'hiver) bloquent la France, les Russes contemplent avec consternation les images de nos aéroports fermés, de nos trains arrêtés et de nos automobilistes en détresse. Que les Français ne sachent pas composer avec une couche de neige passe encore. Mais que le peuple descendant des Grognards de la Grande Armée puisse intimer à son gouvernement de faire quelque chose les estomaque.
Quand il neige, les Russes ne pointent pas les "manquements de l'exécutif". Ils déblaient." page 33)

"De la même façon, il ne faudra pas s'offusquer, au restaurant, de cette petite conversation sans cesse tenue entre clients et garçons :
- Chiotte?
- Chiasse!
Chiôtte signifie "l'addition". Chiâss abréviation de sêtchiâss (maintenant) veut dire "tout de suite"." (page 68)

"Les vacances se disent kânikouli. Ainsi, lors des vacances de février en Iakoutie, les mômes courent dans la rue par moins quarante-sept degrés en craint : "Kânikouli ! kânikouli !"." (page 101)

"Cherchélâfâme. Cette contraction phonétique de "Cherchez la femme" fait partie de ces expressions françaises toutes faites que la langue russe a récupérées et qu'elle recycle allègrement dans la conversation : sélavi (c'est la vie), sanfâssône (sans façon), j'aipâmangésijour ("je n'ai pas mangé depuis six jours" - cette phrase tirée des Douze chaises d'Ilf et Pétrov, connaît un grand succès en Russie) ou encore l'ineffable amoûrtoujoûrrr (l'amour, toujours) qui fait référence au sentiment provisoire accompagné de mouvements malpropres et non au majestueux fleuve sibérien." (page 104)

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