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Les nouveaux robinsonsÉditions Christian Bourgois. Traduit du russe par Macha Zonina et Aurore Touya.

Quatrième de couverture :

Longtemps interdite de publication par le régime, Ludmila Petrouchevskaïa est considérée comme l’un des plus grands écrivains russes contemporains. Réunissant ses nouvelles incontournables, ce recueil permet au lecteur de pénétrer dans un univers singulier, qui oscille entre féerie inquiète et comédie grinçante.

"Courtes, extrêmement condensées, dérangeantes, pleines d’inventivité, ces histoires se déploient dans un espace situé entre ce monde et le suivant, un lieu où la vengeance et la grâce ne peuvent peut-être se réaliser que dans les rêves." (Liesl Schillinger, The New York Times)

 "Ces nouvelles se lisent comme un concentré de Tim Burton ou de Terry Gilliam, ancrées dans des forêts glaciales de Sibérie, dans des appartements exigus de l’ère post-soviétique habités par plusieurs générations, où les chats viennent s’entasser. Les personnages y sont le plus souvent orphelins, veufs, endeuillés. […] Mais ils ne sont pas pour autant dénués de combativité." (Sophia Martelli, The Observer)

Le mot de l'éditeur :

Interdite de publication en URSS jusqu’à la fin des années 1980, Ludmila Petrouchevskaïa est un des grands écrivains russes contemporains. Auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour la télévision et la radio, elle s’est aussi fait connaître par ses nouvelles sombres, quasi-fantastiques, qui prennent comme cadre le difficile quotidien de Soviétiques ordinaires. La violence de la solitude, le désespoir de la pauvreté, la tristesse de la perte traversent ces histoires où la mort et la maladie rôdent. Des événements inexplicables peuvent se produire : un militaire retrouve son épouse qu’il vient d’enterrer, un père fait revenir à la vie sa fille morte en dévorant en rêve un coeur cru, un ivrogne réalise les souhaits des pauvres gens. Les gestes les plus violents peuvent être commis : une femme tente de tuer le bébé de sa voisine, une mère de famille souhaite se suicider… À partir de vies banales et d’existences obnubilées par la question de la survie quotidienne, sous un régime totalitaire où l’individu est noyé, où surgissent des événements surnaturels, Ludmila Petrouchevskaïa propose un ensemble de contes troublants à mi-chemin entre le réalisme critique et le fantastique, et de nouvelles où une noirceur terrible et un humour corrosif s’entrelacent. Les nouvelles ici réunies sont parmi les plus célèbres de l’auteur. Toutes laissent malgré tout poindre une lueur d’espoir.


CRITIQUE :

Curieusement ce recueil de 16 nouvelles m'en a fait penser à un autre : "Histoires extraordinaires" d'Edgar Allan Poe (traduit et édité par Charles Baudelaire). Probablement pour l'impression de me retrouver dans le même univers sombre, glauque, angoissant mais parfois amusant et même jubilatoire.
J'ai pris beaucoup de plaisir à ces nouvelles courtes, très denses et tellement représentatives de l'atmosphère soviétiques.
Parfois extrêmement réalistes, parfois totalement oniriques ou fantasmagoriques, on y côtoie la solitude, l'extrême précarité, l'alcoolisme, les restrictions, les superstitions, la cruauté... mais l'espoir est souvent là pour éclaircir la route.
Certaines nouvelles peuvent paraître déroutantes dans l'imbrication entre réel et fantasmes (ou rêves) met notre rationalité à rude épreuve.
Passionnant de bout en bout ce recueil est une divine surprise que je conseille vivement à tous ceux qui veulent comprendre certains aspects de l'âme slave. Ludmila Petrouchevskaia, sans conteste une très grande plume.


CITATIONS :

"Une femme haïssait sa voisine, mère célibataire avec un enfant. Au fur et à mesure que l’enfant grandissait et apprenait à ramper, la femme laissait par terre, comme par hasard, tantôt un petit bidon d’eau bouillante, tantôt un bocal de soude caustique, ou allait jusqu’à répandre le contenu d’une boîte d’aiguilles dans le couloir. La pauvre mère ne se doutait de rien, car la fillette ne marchait pas encore très bien, et elle ne la laissait pas ramper dans le couloir pendant l’hiver." (page 13)

"Elle nous proposa de nous vendre le porcelet contre de l’argent, des roubles en billets, et ce soir-là papa découpa et sala le porcelet mort, qui ressemblait à un enfant dans son chiffon. Les cils de ses petits yeux et tout ça." (page 58)

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