En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour réaliser des statistiques de visites.

Fil de navigation

 

Un nuage d orÉditions Robert Laffont - Traduit par Antonina Roubichou-Stretz

Quatrième de couverture :

Écrit en 1981, dans le plus grand secret, caché aux regards du KGB, publié enfin en 1987 par une coura­geuse revue de Moscou, Un nuage d'or sur le Caucase d'Anatoly Pristavkine est devenu à la faveur de la "glasnost" et de la "perestroïka" un événement en Union soviétique.
Pristavkine y raconte pourtant l'irracontable : la déportation en masse, décidée par Staline, de milliers d'enfants moscovites envoyés dans le Caucase, où ils furent massacrés par les populations autochtones rebelles.

Pristavkine était l'un de ces enfants. Ce drame qu'il a vécu, et qui a pesé sur toute sa vie d'homme, il s'en libère ici en transposant son expérience dans l'ordre du roman, élisant pour héros deux inoubliables jumeaux, Sachka et Kolka, deux orphelins débrouil­lards et resquilleurs. Sous la plume d'un conteur inspiré, leurs facéties enchantent, leur destin boule­verse.


L'auteur :

Né en 1931 dans la banlieue moscovite, orphelin de mère à l'âge de neuf ans, Anatoly Pristavkine (Анатолий Игнатьевич Приставкин) passe par divers internats et colonies avant de se retrouver dans le Caucase. Condamné à de petits boulots dès quatorze ans, il réussit quand même à achever des études de littérature et commence à écrire en 1961. Ses premiers ouvrages sont consacrés aux souffrances des enfants pendant la guerre, thème auquel il reviendra en 1971 avec son œuvre la plus célèbre (non traduite en français), "Soldats et petits garçons", qui ne sera publiée qu'en 1982.


Le roman :

Début 1944 Lavrenti Beria, supervise l'opération Tchétchévista (Чечеви́ца) ordonnée par Staline et qui vise à déporter en 1 semaine 500 000 tchétchènes et ingouches, au prétexte d'une collaboration de masse avec les occupants nazis (qui en fait n'occupèrent pas la Tchétchénie). D'ailleurs on ne connaît toujours pas la véritable raison de cette déportation.
L'idée de base du livre, et de l'expérience de son auteur, est qu'on ne construit pas le bonheur d'un peuple sur le malheur d'un autre.

Un nuage d or2C'est là que commence le roman de Pristavkine.
Sashka et Kolka, jumeaux d'une dizaine d'années, orphelins, crèvent littéralement de faim dans leur orphelinat de Tomilino, près de Moscou. Comme les autres "chacals" de l'orphelinat, ils inventent mille façons de se procurer de quoi subsister.
Avant qu'on ne puisse remonter jusqu'à eux, du fait d'une de leur tentative -découverte- de piller le dépôt de pain, ils se portent volontaires pour faire partie d'un convoi de 500 gamins venant de divers orphelinats et centres pour "gamins des rues". L'objectif : partir "dans le Caucase" avec un directeur dépassé mais bienveillant et plein de bonne volonté, et quelques monitrices, dont l'une emmène ses deux enfants en bas-âge.
Après un voyage épique en train, il sont installés dans une ancienne école d'agriculture près du village de Deï Tchourt.
La vie s'installe et les "chacals" vont travailler dans une conserverie (pour les plus grands) et dans un kolkhoze.
Les "colons" qui s'installent sur les terres des tchétchènes déportés sont méfiants, à juste titre, envers les chacals de la colonie.
Nos jumeaux ne comprennent pas la situation générale et la peur des adultes qui se calfeutrent la nuit venue dans leurs maisons, ils ne se préoccupent que de manger et de chercher et "planquer" de la nourriture et divers petits objets.

L'histoire, autobiographique, est vue par les yeux des jumeaux, avec parfois un paragraphe de souvenirs de l'auteur.
Les jumeaux sont fusionnels, deux frères, un sang, une vie pour deux, ils sont un. Des enfants qui ne connaissent pas la chaleur maternelle, la famille, l'amour, des enfants privés de leur enfance qui ont vu trop de douleur, qui se sont adaptés, qui se sont soutenus l'un, l'autre, qui ne cédaient pas, qui voulaient vivre. Pour les autres, ils n'ont que méfiance jusqu'au jour où Regina, la monitrice mère de famille, parvient à les apprivoiser. Dès lors, leur vie prend un autre sens et ils se sentent un peu les protecteurs de cette belle jeune femme, veuve de pilote, et de ses deux marmots.
Humour, roublardise, petites joies, peur diffuse, gentillesse de quelques adultes et surtout débrouillardise rythment ce roman qu'on ne peut quitter avant d'en avoir terminé la lecture.
Terrible drame aussi.

C'est un nouveau chapitre à la longue litanie des atrocités staliniennes : la déportation de milliers d'enfants moscovites envoyés dans une Tchétchénie vidée de son peuple, où ils furent massacrés par les populations autochtones rebelles. L'auteur est un des survivants ...

On ne sort pas indemne d'un livre aussi incroyablement pesant. Il doit être lu, autant par les adultes que par les adolescents.


Le film :

Réalisé par Soulambek Mamilov (Суламбек Мамилов), "Ночевала тучка золотая…" porte le même nom que le livre dont il est tiré. Il n'en existe malheureusement pas de version française ou même sous-titrée en français.

powered by social2s