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Departement du diableTitre complet : Le département du diable - La Russie occulte d'Ivan le Terrible à nos jours

Résumé :

Ce livre est une plongée dans l'univers ésotérique de ce pays dominé par le goût de l'irrationnel, oscillant constamment entre Dieu et le diable. Vladimir Fedorovski nous fait pénétrer dans les couloirs les plus secrets du pouvoir russe, des grands princes à Vladimir Poutine, raconte les délires mystiques et sanguinaires d'Ivan le Terrible et l'énigme d'Alexandre Ier, le tsar qui serait devenu ermite. Il évoque Staline entouré d'hypnotiseurs et créant au sein des services secrets un "département du diable" chargé d'utiliser les forces occultes à la consolidation du système totalitaire. Il met en scène Diouna, la guérisseuse de Brejnev et d'Eltsine... Et à propos de "l'affaire des poisons" en Ukraine, on verra de quoi sont capables les services secrets russes.

La réalité dépasse la fiction la plus osée des romans ésotériques. Un document troublant qui est pourtant rigoureusement conforme aux faits historiques, éclairé par des témoignages et documents d'archives inédits.

À l'occasion d'une rencontre avec l'auteur, comme il ne parle pas de Vladimir Poutine dans son livre, je me suis permis de lui demander, si le Président Russe actuel, avait les mêmes propensions que ses prédécesseurs. Malgré ses réticences connues vis-à-vis du Président Poutine, Monsieur Federovski a très honnêtement affirmé, "non, il ne mange pas de ce pain là... et il est sobre!".

Citations :

Aujourd'hui, toute l'âme de cette vieille Russie remonte à la surface. Celle qui a la foi dans le surnaturel, et qui aime tant basculer dans le pessimisme le plus noir, mais celle aussi dont le goût quasi mystique pour l'absolu n'a pas d'égal. La présence de l'irrationnel dans la vie quotidienne est l'illustration de cette résurgence. Les superstitions les plus frustres y côtoient les théories les plus fumeuses qui annoncent l'Apocalypse ou l'arrivée de ET à l'aube du XXIème siècle.
Ces dérives vers l'astrologie ou un spiritualisme parfois douteux ne sont pas l'apanage de l'homme de la rue : nombre de dirigeants actuels (1995) les partagent...
(…) L'histoire occulte du Kremlin, d'Ivan le Terrible à Boris Eltsine, pose un problème essentiel pour l'avenir de la Russie : ce pays peut-il devenir comme les autres. (pages 11 et 12)

Comme tous les prisonniers, Trotski avait le droit de lire ce qu'il voulait et dressa une liste des lectures dont il souhaitait disposer. Cette liste provoqua un grand étonnement chez ses geôliers. La plupart étaient des livres ésotériques et d'occultisme. La liste ne comportait pour ainsi dire pas d'ouvrages marxistes. (page 163 – concernant l'emprisonnement de Trotski par la police du Tsar en 1905)

On ne peut que constater l'anticléricalisme viscéral chez Lénine. La seule mention du mot « religion » provoquait chez lui une crise de colère dont le caractère excessif était lié, selon l'historien Volkogonov, à sa maladie mentale. (page 164)

Si la propagande soviétique prétendit que Lénine ne participa pas directement à l'assassinat de la famille impériale en juillet 1918, Trotski affirme que la décision de tuer le Tsar et les siens, ainsi que le malheureux Docteur Botkine, fut bel et bien prise par lui. La situation n'était pas brillante pour les bolcheviks. Les Blancs approchaient dangereusement d'Iekaterinbourg où les Romanov étaient prisonniers, et le danger de les voir libérés grandissait. Lénine ne voulait pas courir ce risque. Il ordonna qu'on les tue sans autre forme de procès. Quelques mois plus tôt, au printemps, il s'était attaqué à l'église orthodoxe en lançant une vaste campagne contre la religion : « nous allons détruire tous ces vestiges du passé et partout nous construirons des monuments à Marx, Engels, Marat, Robespierre et aux héros de la Commune de Paris, Edouard Vaillant en tête. »
Ainsi commença l'épuration religieuse la plus impitoyable de tous les temps. Pour prendre un seul exemple, Moscou comptait 846 églises : la moitié fut détruite, les autres fermées ou laissées à l'abandon.
Partout dans le pays, la destruction des lieux de culte fut systématique, les prêtres et les moines massacrés ou déportés dans les camps dont Lénine ordonna la création dès cette époque. (pages 164 et 165)

La chasse aux ecclésiastiques fut si sauvage que sur les 160 000 que comptait le pays avant la révolution, seuls 4 000 étaient encore en vie quelques années après. (page 166)

Non, le peuple n'était plus orphelin : Lénine avait un successeur. Il ne fallut pas longtemps – 3 ans – pour que Staline se place lui-même au centre de l'iconostase politique. Ne disait-il pas à sa belle-sœur, quand il se promenait plus tard avec elle dans le métro : « le peuple a besoin d'une idole, le peuple a besoin d'un fétiche, le peuple a besoin d'un Tsar. » (page 169)

J'ai eu la possibilité de voir la bibliothèque de Staline. Grâce aux pages annotées ou parfois écornées, on pouvait retrouver quels étaient ses livres favoris (ouvrages historiques et religieux). Je remarquai aussi un livre du slavophile célèbre Khromiakov, sur l'histoire religieuse et mystique, un livre sur Pierre le Grand, un autre sur Ivan le Terrible, pour la plupart édités avant la révolution. Le dieu vivant s'intéressait donc à ses prédécesseurs. (page 172)

Malgré un matérialisme de façade constamment réaffirmé, la dictature stalinienne fut, au fond, intimement liée à la pratique religieuse. Même si Staline quitta sans aucun diplôme le séminaire dans lequel il avait séjourné 4 ans, les études qu'il y fit marquèrent durablement sa mentalité : voyant le monde en noir et blanc, Staline réduisait toute la complexité de l'univers à des formules simplifiées, prononcées souvent en termes absolus, déclamatoires ou litaniques. En allant plus loin, ou pourrait aussi dire que l'importance qu'il attachait aux symboles, son désir de visualiser l'avenir et d'introduire ces images dans des millions de cerveaux, grâce à la propagande, s'apparentent parfois à des pratiques magiques. (page 172)

Staline avait en effet son voyant et hypnotiseur personnel, un certain Wolf Messing. (page 175)

Alexandre Iakoulev : « Il ne faut jamais oublier que les révolutions commencent avec les romantiques, sont poursuivies par des imbéciles pour finalement profiter aux salauds. » (page 248)

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