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un russe nomme poutineÉditions du Rocher. 2018

Quatrième de couverture :

En janvier 2000, au Forum économique de Davos, une question simple avait été posée par un journaliste occidental à la délégation russe : « Qui est M. Poutine ? » Elle était restée sans réponse et le silence gêné des délégués russes avait suscité l'hilarité de l'assistance. Quelques semaines plus tôt, le 31 décembre 1999, cet inconnu avait reçu le pouvoir des mains de Boris Eltsine. En mars 2000, il était élu président de la Fédération de Russie dès le premier tour.

Vladimir Poutine est depuis 18 ans à la tête de la Russie - trois mandats de président et un mandat de Premier ministre. Mais il reste un mystère. Peu d'Occidentaux comprennent la popularité réelle dont il jouit, aujourd'hui encore, dans son pays.

Né quelques mois avant la mort de Staline, huit ans seulement après la fin du tragique blocus de Leningrad, Vladimir Poutine est le fils de l'histoire mouvementée de la Russie. Il a connu les appartements communautaires, le règne du parti unique, le prestige de l'armée et des « services », auxquels il pensait vouer sa vie professionnelle. Il a connu aussi l'effondrement de l'URSS, le capitalisme sauvage et les terribles années 1990 qui n'ont rien de glorieux dans la mémoire collective. Russe ordinaire dans sa jeunesse et sa première vie d'adulte, il a été appelé au tournant du siècle à un destin extraordinaire. Depuis, il s'emploie à relever le pays disent ses soutiens, à confisquer les richesses au profit de son clan, disent ses détracteurs.

La trajectoire de cet homme, qui inquiète autant qu'il fascine en Occident, est vue par une femme au parcours singulier, qui l'a rencontré à plusieurs reprises. Française de langue maternelle russe, familière des cercles de pouvoir russes et français, et connaissant aussi intimement la Russie « ordinaire », Héléna Perroud a essayé avec cet ouvrage documenté, reposant sur de nombreux entretiens, y compris à l'Élysée et au Kremlin, de faire comprendre au public français comment Vladimir Poutine est perçu par les Russes. Sans a priori idéologique, en se basant sur les réalités de la Russie d'aujourd'hui.


BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR :

Née à Moscou, agrégée d'allemand, Helena Perroud a été collaboratrice à l'Elysée au cabinet du Président Chirac - voyages en Russie avec lui. Elle a dirigé l'Institut français de Saint-Pétersbourg entre 2005 et 2008. Depuis 2015, elle exerce une activité de conseil entre la France et la Russie ; elle effectue de nombreux déplacements en Russie dans ce cadre.


CRITIQUE :

Un livre passionnant qui se lit comme un roman.
Cette présentation de Poutine n'occulte rien des fantasmes occidentaux.
Elle se présente en trois parties richement documentées, notamment du fait d'un travail très approfondi réalisé par Héléna Perroud :
1. Vladimir Vladimirovitch, un russe comme les autres.
2. Poutine au Kremlin et à la Maison Blanche [bureau du 1er ministre].
3. Les opposants à Vladimir Poutine.
En annexe, 43 pages reprenant les grandes dates de l'histoire russe, de 859 à 2018.
Ni apologétique, ni détracteur, ce livre se base sur les faits bruts, sans évacuer complètement les suppositions, rumeurs et fantasmes, et donne une vision nuancée du locataire du Kremlin.
À lire toutes affaires cessantes !


CITATIONS :

"Entre 1952, année de sa naissance, et 1999, année de son accession au pouvoir, il y a eu plus qu'une révolution. Staline est mort, l'URSS a disparu, Leningrad s'appelle de nouveau Saint-Pétersbourg, le rouble est devenu conver­tible, les Russes roulent presque tous en voitures étrangères, le parti communiste n'est plus seul et il y a des milliardaires russes. Aucun chef d'État du G7 n'a connu de tels boulever­sements dans son propre pays pendant cette même période."

"Cette histoire personnelle, remise dans le contexte plus large de ce qu'a été la Seconde Guerre mondiale pour les Russes, avec ce chiffre terrible de presque 30 millions de morts, permet de comprendre beaucoup de choses. C'est parce qu'il a conscience que les habitants de sa ville auraient pu littéralement tous disparaître, que Vladimir Poutine a eu une attitude qu'on peut qualifier de «survivaliste» dès son accession au pouvoir et qu'il a toujours eu l'obsession de la sécurité de son pays. C'est parce qu'il connaît le prix très élevé payé par la Russie à la victoire de 1945 qu'il entend construire avec les Alliés d'hier un rapport basé sur le respect dû à son peuple qui a su faire preuve d'un courage héroïque dans ces années sombres, comme à d'autres moments de la grande histoire de la Russie. «Les Russes ont donné jusqu'à la dernière goutte de leur sang» dit Poutine à Oliver Stone."

"Enfin il faut comprendre que, quel que soit le nom qu'on lui donne, Leningrad ou Saint-Pétersbourg, cette ville n'est pas Moscou. Un dicton russe classe ainsi les villes les plus importantes pour les Russes : «Novgorod c'est le père, Kiev c'est la mère, Pétersbourg c'est la tête, Moscou c'est le cœur». Il y a toujours eu une rivalité entre les deux capitales, distantes d'un peu plus de 600 kilomètres : Moscou la russe, l'industrieuse et l'affairiste ; Saint-Pétersbourg l'européenne, l'intellectuelle et l'artiste. Vladimir Poutine n'est pas un homme de Moscou, ce n'est pas un apparatchik, ni un fils d'apparatchik. Il ne fait pas partie de l'élite dirigeante de la capitale. C'est un provincial - ses parents sont eux-mêmes originaires du petit village Pominovo dans la région de Tver - à l'aise avec les petites gens et à l'aise dans la nature, fils d'un contremaître qui travaillait à l'usine et s'est engagé pour défendre son pays quand il a estimé qu'il était de son devoir de le faire. C'est en somme un Russe ordinaire, qui a partagé les épreuves et le quotidien de tous ses compa­triotes."

"Le père Tikhon a été présenté comme le confesseur et le père spirituel de Vladimir Poutine. Il n'a jamais confirmé ni infirmé cette information mais a dit publiquement à plusieurs reprises que «comme prêtre» il pouvait témoigner que Vladimir Poutine communie et se confesse plusieurs fois par an. Il explique aussi, dans une interview filmée en 2012, en réponse à une question, pourquoi à titre personnel il avait voté pour Poutine cette année-là. Les trois raisons qu'il avance sont les suivantes : il craint une guerre terrible aux frontières sud de la Russie impliquant l'Iran et des pays musulmans de la région qui entraînera de grandes violences et il ne voit pas de leader politique autre que Poutine capable de résister au déséqui­libre des forces qui risque de résulter de ce conflit majeur ; le changement politique est une bonne chose si la nouvelle équipe est meilleure que la précédente, mais malgré toutes les critiques justifiées que l'on peut adresser à Poutine et à son encourage, ils ont l'expérience et ont su faire des choses positives pour le pays ; comme chrétien enfin il estime qu'il n'y a jamais eu, de toute l'histoire de la Russie depuis la dynastie des Riourikides, de période plus faste pour la chrétienté que depuis le début des années 2000, avec une liberté que l'Église n'avait jamais connue auparavant."

"Lui-même se fait appeler par ses conci­toyens non pas «Monsieur le Président», mais simplement Vladimir Vladimirovitch, prénom et patronyme, comme un Russe ordinaire. Dans la pure tradition tsariste, il reçoit les doléances de ses compatriotes, la plupart du temps des cas très concrets de mauvaises conditions de logement, de routes promises et jamais construites... Et il promet à chacun des réponses concrètes, qui viennent généralement, car il ordonne aux gouverneurs d'y veiller personnellement."

"Un détail qui a frappé des journalistes russes : lorsqu'il travaille tard il garde près de lui une bouteille thermos remplie de thé - il pourrait se faire servir à n'importe quel moment, mais il préfère se servir lui-même, avec un simple thermos, un ustensile très courant du quotidien de l'époque soviétique. Lorsqu'il s'adresse à ses concitoyens il aime cette double image ; à la fois leur chef et l'un des leurs."

Poutine a reçu en héritage un pays dévasté et à genoux, avec une majorité de la population démoralisée et tombée dans la misère. Et il a fait son possible pour le remettre debout petit à petit, lentement. Ses efforts n'ont pas été tout de suite remarqués, ni reconnus.»
Alexandre Soljenitsyne, juillet 2007"

"S'il ne fallait retenir que quelques chiffres sur cette période de près de 18 ans de pouvoir poutinien : en Russie en 1999 le PIB par habitant était de 1330 dollars, en 2016 il est de 8750 dollars."

"L'autre ressort du redressement moral, c'est bien sûr le patriotisme, fil rouge de toute l'action de Vladimir Poutine. En décembre 1999, dans La Russie au tournant du Millénaire, il a pris la peine de définir ce qu'il entend par là: «Ce mot est utilisé parfois dans un sens ironique ou même péjoratif. Mais pour la majorité des Russes il conserve sa signification première pleinement positive. C'est le sentiment de fierté de sa patrie, de son histoire et de ses réalisations. C'est le désir de rendre son pays plus beau, plus riche, plus fort, plus heureux. Quand ces sentiments sont exempts de tout natio­nalisme vaniteux et d'ambitions impérialistes, ils n'ont rien de répréhensibles, de mauvais. C'est source de courage, de loyauté, de force pour un peuple. Si nous perdons le patrio­tisme, la fierté nationale et la dignité qui lui sont liées, nous ne serons plus une nation capable de réaliser de grandes choses.»"

"Au départ il n'y avait sans doute pas en Russie de dirigeant plus «européen» que Vladimir Poutine. Il est né, a grandi, s'est marié, a travaillé dans la ville la plus européenne de l'URSS, Saint-Pétersbourg. Conçue par Pierre le Grand comme une fenêtre sur l'Europe, c'est devenu une formi­dable vitrine de l'ancrage européen de la Russie. Et Vladimir Poutine prend un soin particulier à accueillir ses homologues étrangers dans sa ville natale."

"Lorsque Vladimir Poutine parle de ses filles, il est fier de dire qu'elles parlent deux ou trois «langues européennes» et pas simplement des «langues étrangères» (il faut dire que l'une d'elles était à la faculté des langues orientales). Dans l'autobiographie Ot pervogo litsa un chapitre s'intitule «Nous sommes Européens» et Vladimir Poutine le dit clairement : «Nous sommes une part de la culture occidentale européenne... Quel que soit l'endroit où vivent nos peuples, en Extrême-Orient ou dans le Sud, nous sommes Européens»."

"Vladimir Poutine lui-même n'avait a priori aucune hostilité envers les Américains. Certes, il est passé par des écoles où les États-Unis étaient toujours considérés comme l'ennemi n° 1 du pays au moment de ses études. Son parcours l'a amené à fréquenter personnellement des Américains seulement à son retour de RDA, lorsqu'aux côtés d'Anatoly Sobchak il était en charge des relations économiques inter­nationales de Saint-Pétersbourg et maire-adjoint de la ville. Son expérience de travail avec eux était perçue comme très positive, comme j'en ai eu différents témoignages péters­bourgeois. L'ancien consul général des États-Unis à Saint-Pétersbourg entre 1994 et 1997, John Evans, a confié qu'il trouvait toujours une oreille attentive chez Vladimir Poutine lorsqu'il fallait régler des problèmes de menaces de la mafia sur les intérêts des investisseurs américains ou des litiges liés aux affaires entre Russes et Américains. Evans se souvient que Poutine abordait toujours ces sujets sous l'angle du droit, en regardant lui-même les contrats et en se référant toujours à la législation russe ou internationale pour trouver une solution aux problèmes. Dans le corps diplomatique comme dans la communauté d'affaires occidentale de Saint­ Pétersbourg il avait laissé le souvenir d'un homme ouvert aux contacts avec les partenaires occidentaux, soucieux de faciliter les échanges économiques."

"Il est un Américain avec lequel Vladimir Poutine entre­tient depuis longtemps des relations particulières, suivies et amicales, et qui a certainement été longtemps sa principale fenêtre sur les États-Unis ; c'est Henry Kissinger, Secrétaire d'État des présidents Nixon et Ford (1973-1977). C'est aussi dans les années 90 à Saint-Pétersbourg que leurs routes se sont croisées. L'Américain co-présidait alors avec Anatoly Sobchak la commission russo-américaine, qui a fonctionné en 1992-1993 sous les auspices du Centre d'Études Straté­giques et Internationales de Washington. Cette commission avait pour objectif d'aider l'administration de Saint-Péters­bourg à identifier des investisseurs étrangers capables de transformer les vieilles usines militaires de la ville en entreprises commerciales. On peut avoir un témoignage récent de cette relation privilégiée entre les deux hommes à la faveur d'une rencontre filmée entre eux en marge du Forum Économique de Saint-Pétersbourg de 2012. Kissinger le félicite des efforts qu'il déploie pour nouer une relation solide avec les États-Unis (c'était alors la présidence Obama), cruciale dans son esprit pour la paix dans le monde. Poutine le remercie de l'intérêt qu'il manifeste depuis de longues années pour la Russie, en rappelant les liens anciens qu'ils ont tissés depuis le milieu des années 1990. Lors de leur première rencontre, comme aime à le rappeler Poutine, Henry Kissinger avait souligné que «tous les gens de qualité ont commencé leur carrière dans le renseignement.» C'est évidemment un élément qui les a rapprochés, de même que les origines allemandes de M. Kissinger. Juif, il avait fui l'Allemagne nazie et a été interprète pour les services secrets américains en Allemagne en 1944-1945. Les deux hommes se parlent en allemand sans interprète et Henry Kissinger, avec l'expérience historique et géopolitique hors norme qui est la sienne, a évidemment beaucoup apporté à Vladimir Poutine depuis qu'il est président."

"Dans mes échanges avec des diplomates français sur le dossier ukrainien j'ai été frappée par le fait que la plupart d'entre eux voyaient dans ces événements une révolte spontanée du peuple ukrainien contre un pouvoir corrompu : un souhait sincère de se rapprocher de 1'Europe et une main tendue des Européens, rien d'autre.
Il semble toutefois difficile de ne pas y voir aussi une implication directe des États-Unis, et ce à plusieurs niveaux.
Victoria Nuland, responsable des relations avec 1'Europe au secrétariat d'État américain, elle-même petite fille d'immi­grants venus de Russie, l'a d'ailleurs dit ouvertement dans une conférence le 16 décembre 2013 à Washington à la Fondation Amérique-Ukraine (sponsorisée entre autres par le pétrolier Exxon Mobil) : «Depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991, les États-Unis ont soutenu les Ukrai­niens afin qu'ils développent des compétences et des institu­tions démocratiques, afin qu'ils promeuvent la participation Citoyenne et la bonne gouvernance, qui sont des conditions préalables pour que l'Ukraine puisse réaliser ses aspirations européennes. Nous avons ainsi investi plus de 5 milliards de dollars pour aider l'Ukraine à atteindre ces objectifs - et d'autres - qui assureront sécurité, prospérité et démocratie.»
Quelques jours plus tôt, le 11 décembre, elle était à Kiev sur Maïdan, distribuant de la nourriture aux insurgés, essayant d'en donner - sans succès - aux policiers."

"Dans un réquisitoire sévère à l'égard de l'Occident, Poutine rappelle dans son discours du 18 mars : «Nos partenaires occidentaux, menés par les États-Unis d'Amérique, préfèrent ne pas être guidés par le droit inter­national dans leurs politiques concrètes, mais par la force des armes. (...). Cela s'est produit en Yougoslavie ; nous nous souvenons très bien de l'année 1999. Il était difficile de croire, même en le voyant de mes propres yeux, qu'à la fin du XX° siècle, l'une des capitales de l'Europe, Belgrade, était soumise à une attaque de missiles pendant plusieurs semaines. (...) Y a-t-il eu une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur cette question, autorisant de telles actions? Non.»
Vladimir Poutine a parfaitement résumé la relation à l'Occident telle qu'il dit la voir aujourd'hui à la dernière réunion du club Valdaï, le 19 octobre 2017 à Sotchi. À une journaliste étrangère qui demandait quelle avait été la principale erreur de la Russie dans sa relation avec l'Occident au cours des quinze dernières années, il a répondu : «La plus grande erreur de notre part dans les relations avec l'Occident c'est que nous vous avons trop fait confiance et votre erreur c'est que vous avez pris cette confiance pour une faiblesse et en avez abusé.»"

"D'un point de vue structurel enfin, on assiste depuis le début des années 2000 à un rattrapage normatif rapide de la part de la Russie dans le domaine de la lutte contre la corruption. Vladimir Poutine a engagé le pays dans un processus de mise en œuvre des standards internationaux en la matière en signant plusieurs textes. La Russie a ainsi ratifié le 9 mai 2006 la Convention des Nations Unies contre la corruption ; le 4 octobre 2006 la Convention pénale du Conseil de l'Europe (...) ; le 17 avril 2012, elle a signé la Convention de l'OCDE de lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans le cadre de transactions commerciales internationales. La lutte contre la corruption a été au centre du G20 que la Russie a accueilli en septembre 2013 à Saint-Pétersbourg. L'arsenal législatif russe, assez maigre en la matière jusqu'alors, s'est enrichi d'une loi le 25 décembre 2008 obligeant les fonctionnaires et les élus à rendre publics leurs revenus, une loi votée malgré la résistance des parlementaires. Un décret présidentiel signé quelques mois plus tard oblige tous les fonctionnaires à déclarer non seulement leurs revenus mais aussi leur patri­moine, ceux de leur conjoint et de leurs enfants. Vladimir Poutine, alors Premier ministre, et Dmitri Medvedev, alors président, ont devancé l'appel en donnant l'exemple et en publiant ces données. Depuis 2012, le corpus normatif a encore été étoffé."

"Face au milliard de Chinois, face au milliard d'Indiens, face au terrorisme islamiste, il serait sans doute temps de penser en Europe, et en France singulièrement, une autre relation à la Russie. Ce pays qui s'est construit comme un État multi-ethnique, qui a su faire cohabiter harmonieusement des confessions différences, qui a su surmonter des épreuves terribles tout au long du XXe siècle - la révolution de 1917 et la guerre civile qui a suivi, les purges staliniennes, les dizaines de millions de morts de la Grande Guerre patriotique, l'effondrement de l'URSS et les cruelles années 1990 - a peut-être des choses à nous dire, pour peu que nous sachions les entendre. Juste avant l'annonce de la candi­dature de Poutine, en même temps que l'interdiction pour la Russie de participer aux prochains JO, il y a une nouvelle qui est passée relativement inaperçue : la Russie est première au classement international mesurant l'apprentissage de la lecture chez les enfants. La place de la France dans ce classement, est honteuse.
C'est la sanction d'une politique au long cours et c'est une projection pour l'avenir. Un rassemblement spontané émouvant a lieu tous les ans le 10 février pour commémorer la mort de Pouchkine, tué en duel par un français, devant ce qui fut sa dernière demeure à Saint Pétersbourg, à deux pas de l'Ermitage. Y viennent des officiels comme des Russes ordinaires, des enfants comme des personnes âgées, souvent avec des fleurs déposées au pied de sa statue. Une chose semble certaine : un pays qui honore ses poètes, qui cultive l'amour des livres et le dépassement de soi - et qui sait rire de lui-même - a un ressort intérieur puissant. Le patriotisme en est le socle. «Dans les organes de sécurité, dans le renseignement, on cultive le plus important : le patriotisme et l'amour de la Patrie.» Avec un P majuscule.
C'est ce que dit Poutine à des journalistes américains en juin 2001 pour expliquer pourquoi il est fier de ses années dans les «services»."


Interview d'Héléna Perroud lors de la sortie de son livre :

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