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Ajaccio 1920Il est une odyssée assez peu documentée et donc presque inconnue, même en Corse, c’est celle du steamer à vapeur Rion.

Tout ce que l’on sait de ce périple, on le doit principalement à deux personnes :

- M. Bruno BAGNI, Professeur agrégé d’histoire à Toulon et auteur d’un mémoire de maîtrise sur le général Wrangel et la fin de la guerre civile en Russie.
- M. Jean MAÏBORODA, descendant direct d’un des exilés, et animateur infatigable de diverses associations et sites internet.

Le premier a écrit un article très dense, et passionnant, paru dans la revue “Études corses” n° 49 en 1997 (revue de l’Association des Chercheurs en Sciences Humaines).
Livre odyssee du rionEn 2013, il a cherché à publier un ouvrage intitulé “L’Odyssée du Rion” qui devait avoir 180 pages. Nous ne savons pas s’il a pu réussir à l’éditer (malgré nos recherches nous n’en avons pas trouvé d’exemplaire).
Ce livre issu du dépouillement des archives de la défense de Vincennes et du Quai d’Orsay, ainsi que de la presse locale corse, retrace l’histoire du paquebot Rion chargé de réfugiés russes parti de Constantinople en 1921 à destination du Brésil, qui échoua dans le port d’Ajaccio suite à une avarie mécanique. Cette longue escale est à l’origine de l’implantation en Corse d’une communauté russe, devenue la seconde communauté étrangère de l’île dans les années 20 et 30, mais très rapidement assimilée.

Le second anime depuis de nombreuses années le riche site Kalinka-machja, qui fut le site officiel de l’association éponyme (co-fondée par Jean Maïboroda) et qui est désormais l’organe d’expression du Cercle Corse Russie Historique.
C’est sur ce site internet que Monsieur Maïboroda a publié l’article de Bruno Bagni sur le Rion (lisible ici).
Et sur son site personnel “U zinu”, il relate l’histoire du Rion, ici, de façon plus concise et suivie d’autres articles passionnants sur ces russes devenus corses.

Il serait malséant de reprendre ici les textes de Messieurs Bagni et Maïboroda, nous vous laissons donc le soin d’aller les consulter “à la source”.

Par ailleurs vous pouvez également trouver des informations sur :
- la page Wikipedia “Exode des Russes blancs en Corse”.
- un article de Caroline Marcelin dans le quotidien Corse matin, “Ces Corses qui descendent du Rion”.

Rion

Enfin nous recherchons le film-documentaire de Tania RakhmanovaLettre d’un Russe en Corse” que nous aimerions mettre à la disposition de nos visiteurs, s’il est libre de droits.

Épilogue :

Lorsqu’en 1922, la carcasse du Rion est évacuée d’Ajaccio pour être démolie, l’éditorialiste du journal La Jeune Corse en profite pour dresser un bilan, pour le moins lyrique :

“Le vapeur russe le "Rion" [...], a été vendu à un industriel italien [...] aux fins de démolition. Ainsi va finir à la ferraille, ce grand steamer qui sauva de la famine et de la mort, près de 4000 personnes, hommes, femmes et enfants, épaves humaines du terrible naufrage russe, dont l'arrivée inopinée dans notre port, on s'en souvient, avait si fortement ému notre population [...]. Mais la Providence veillait sur les pauvres fugitifs : le Dieu des braves gens avait pris soin d'eux [...] en les poussant vers notre port et notre population semble avoir été, en cette circonstance, l'instrument de la Providence ! En effet, quand le "Rion" arriva sur rade [...], la triste odyssée de sa cargaison humaine ne tarda pas à se répandre en ville où elle provoqua, parmi la population tout entière, un sentiment de profonde tristesse et de grande commisération [...]. Et bientôt, réconfortés par l'aide spontanée de toutes les oeuvres philanthropiques de la ville, nos hôtes reconnaissants se mirent au travail, donnant aussitôt des preuves incontestables de leur bonne volonté et de leur savoir-faire.
C'est surtout dans les villages que l'on pu apprécier la bonne besogne faite par ces rudes travailleurs [...]. Partout leur intelligente et consciencieuse activité donna les plus grandes satisfactions aux employeurs dont la plupart n'eurent qu'à se louer de leur précieux concours. Et les "dillettanti" des villes eurent lieu aussi d'être satisfaits : les chanteurs slaves, aux belles voix de basses profondes si réputées dans le monde entier, ne pouvaient manquer [...] d'obtenir le plus grand succès parmi notre population qui a toujours eu la passion des beaux concerts. Partout où ils se faisaient entendre, au théâtre, dans les cafés, dans les salles de fêtes, à l'église surtout, où leurs chants sacrés revêtaient un caractère mystique, ces grands virtuoses étaient l'objet de la plus vive et la plus respectueuse sympathie au milieu d'un silence religieux. A l'heure qu'il est, "leur grandeur les attache au rivage ajaccien", tandis que leur "Rion" a franchi la mer pour finir ses vieux jours sur la rive ligurienne. Mais ce grand steamer [...] laisse parmi nous le souvenir d'un vieil ami, c'est à dire d'un représentant de la vieille et chevaleresque Russie, de celle qui n'est plus, hélas ! et son départ fait un vide immense dans notre immense rade. Que Neptune, le Dieu des eaux ait son âme. Ainsi soit-il”.

russes en Corse

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